Un peu plus de deux ans après la loi restreignant significativement les possibilités de recherches d’hydrocarbures par fracturation hydrochimique, les expérimentations prévues par ce texte de juin 2016 pointent le nez. Par ailleurs engluée dans une feuille de route difficile afin de sortir du nucléaire et de la lignite, l’Allemagne met les gaz.
En 2014, presque trois ans après la loi « Jacob » française, la situation allemande n’était toujours pas tranchée. Des forages suivis de fracturations avait eu lieu dans différents Land, ces projets sont suspendus et les opérateurs s’impatientent.
Légende
En rouge les motions liées à la pétition Korbacher
En jaune les motions locales
En vert les motions du district
En vert hachuré rouge district + Korbacher
En vert hachuré blanc les motions régionales
En 2014, les zones au supposé potentiel non conventionnel sont quadrillées par des motions d’opposition municipales, départementales (districts) et régionales. Une de ces motions est basée sur la pétition Korbacher qui a réuni presque 75 000 signatures et permet l’introduction d’une proposition de loi qui sera finalement votée deux ans plus tard mi 2016.
En parallèle de l’arrivée en Europe des fucking frackers à la fin des 2000′, la catastrophe de Fukushima en mars 2011, conduit les autorités allemandes à accélérer en mai 2011 la sortie du pays du nucléaire. Las, les approvisionnements en renouvelables ne sont pas prêts et c’est le recours massif à la lignite ainsi que l’achat de KWh sur le réseau européen…
Depuis des années le « mythe » du gaz « naturel » -énergie de transition entre le charbon/pétrole et les renouvelables- est mis en avant par des forces d’influence et trouve, compte tenu de la situation géostratégique allemande, parmi certains décideurs un écho favorable.
La situation se complique pour la transition énergétique verte…
Andy Georghiu, pilier de la lutte environnementale européenne et surtout chargé de campagne contre la FHC de l’ONG Food & water europe, a publié le 9 juillet dernier, sous le titre
The Fracking & LNG Ghosts of Gas Addicted Germany, une analyse très pertinente de la situation.
À ce niveau tout est encore plus lié et les orientations domestiques allemandes pourraient impacter les populations nord américaines subissant la FHC ainsi que les infrastructures de production, de transport et surtout d’exportation. Comme le choix français d’importer des volumes de gaz naturel liquéfié d’origine étasunienne devant êtres livrés dans un futur très proche à Loon-Plage (Dunkerque) et Montoir-de-Bretagne (Saint-Nazaire) impacte de même, des êtres humains de l’autre côté de l’Atlantique d’une côte à l’autre du sous continent Nord américain.
Traduction libre par nos soins (base GT*), nous ne reprenons pas la totalité des liens d’origine.
De nombreuses personnes à travers le monde voient l’Allemagne comme un pays progressiste de «l’énergie verte» et pensent qu’elle a interdit la fracturation. Malheureusement, ces deux notions sont fausses. En octobre 2017, les calculs du ministère fédéral de l’Environnement ont montré que, sans actions supplémentaires, l’Allemagne n’atteindrait pas son objectif climatique de réduire de 40% les émissions [de gaz à effet de serre -nde] en 2020 (plutôt entre 31 et 33%). Mais au lieu d’augmenter les actions désespérément nécessaires, le gouvernement actuel (et les anciens) ont réduit l’objectif de réduction des émissions de 2020. Les conservateurs (CDU) et les sociaux-démocrates (SPD) veulent maintenant combler le fossé actuel «autant que possible» et atteindre la cible «le plus rapidement possible». Toutefois, il est tout simplement impossible de croire qu’il ne s’agit là qu’une promesse sans fondement, surtout si nous examinons de plus près la consommation de gaz de l’Allemagne.
L’Allemagne du gaz domine l’Allemagne verte
Malgré son image «verte», l’Allemagne reste le plus gros consommateur de gaz en Europe. Avec près de 92 milliards de mètres cubes de consommation en 2017, [cette année] les gaz fossiles représentaient 24% de la consommation d’énergie primaire en Allemagne.
Étant donné que l’Allemagne, État membre de l’UE qui accueille sur son sol tous les gazoducs pris en compte par la Commission européenne dans le cadre des «projets d’intérêt commun», son addiction au gaz joue un rôle clé dans la compréhension de la volonté de l’UE d’améliorer les infrastructures gazières.
En raison de son infrastructure pipelinière transfrontalière très étendue et de son emplacement central en Europe, l’Allemagne est devenue la principale plaque tournante du transit gazier en Europe, transportant des quantités importantes de gaz russe et norvégien vers d’autres marchés. Avec 54 milliards de mètres cubes par an depuis la Norvège (via trois pipelines), 208 milliards de mètres cubes par an depuis la Russie (via trois pipelines : Nord Stream 1, Yamal et Ukraine) et environ 25 milliards de m3 par an depuis les Pays-Bas (via quatre pipelines principaux et des points d’interconnexion) ainsi que des capacités de stockage de gaz de 24,6 milliards de mètres cubes (via 51 installations de stockage de gaz), l’Allemagne peut importer et stocker plus de trois fois plus de gaz qu’elle n’en consomme. Selon le ministère allemand de l’économie, les installations allemandes de stockage de gaz sont les quatrièmes au monde et les plus importantes en Europe.
Avec le gazoduc Nord Stream existant, Gazprom peut acheminer le gaz russe directement vers l’Allemagne via la mer Baltique, permettant à Moscou de contourner les pays de transit européens tels que la Pologne, la Biélorussie et l’Ukraine touchée par la crise. L’Allemagne et Gazprom plaident toutefois fortement en faveur de la construction d’un deuxième gazoduc, Nord Stream 2, qui doublerait la capacité actuelle d’entrée de gaz russe, qui passerait ainsi de 55 à 110 milliards de mètres cubes par an [La construction de NS2 vient de débuter].
Le projet est cependant extrêmement controversé, à l’origine d’un débat politique intense et de fortes tensions avec les pays d’Europe de l’Est. La Commission européenne a vivement critiqué le projet, affirmant dans un document d’analyse que :
Nord Stream 2, considéré dans une perspective européenne commune, est un projet sans justification économique ni soutien politique. Cela coûterait des milliards d’euros qui pourraient être dépensés dans d’autres segments prioritaires de l’économie et du secteur de l’énergie. Sa logique économique ignore les objectifs de l’UE en matière d’efficacité énergétique (qui réduiront également la demande de gaz) ; les énergies renouvelables (solaire et biogaz) ; et la recherche et l’innovation (la potentielle future percée technologique sur le stockage de l’électricité et / ou le stockage de l’électricité issue de renouvelables sous forme d’hydrogène, réduirait encore les importations de gaz de l’UE après 2030).
Mais au lieu d’arrêter le projet ou de lancer un débat sur le besoin réel de gaz en Allemagne, le pays investit en outre des fonds publics dans des contre-projets à Nord Stream 2, tels que le corridor gazier du Sud. Elle accueille également les projets de construction du premier terminal de gazéification Allemand et prévoit un budget pour des projets de recherche sur la fracturation.
La prétendue Allemagne sans fracturation
Beaucoup de gens pensent que l’Allemagne a interdit la fracturation, mais ce n’est pas tout à fait vrai. Et même l’interdiction partielle existante est actuellement menacée.
Étudions le cadre juridique : En Allemagne, la fracturation est officiellement interdite jusqu’en 2021 dans les couches géologiques contenant du méthane des gisements de « schiste » et de charbon. Cependant, avec l’approbation d’un groupe d’experts constitué en juin 2018, jusqu’à quatre projets de recherche sur la fracturation pourraient être autorisés et conduits.
En outre, la fracturation et l’élimination des effluents de fracturation sont également interdits dans les zones protégeant les eaux [de surface ou phréatiques], les étendues d’eau gérés par des organismes publics telles que les lacs naturels ou les barrages servant à l’approvisionnement du public en eau, les zones de puisages artésiens pour la production d’eaux minérales ou de boissons et les zones protégées par la loi sur la sécurité de l’eau.
Cependant, les détails de l’actuel cadre juridique de la fracturation en Allemagne recèlent un certain nombre de failles. Tout comme au Royaume-Uni, les zones de protection de la nature et les parcs nationaux semblent être protégés. Or, cette protection ne s’applique qu’à la construction d’installations liées à des projets de fracturation directement à l’intérieur des parcs. Cela n’empêche pas les projets de forage d’être autorisés juste en dehors des zones protégées. Cela permet aux opérateurs de forer horizontalement sous eux, mettant ainsi en danger ces zones protégées.
La législation prévoit également une interdiction de la fracturation dans les zones européennes de protection de la nature, appelées zones Natura 2000, mais elle ne couvre que la construction d’installations liées à des projets de gaz de schiste et de méthane de houille. En d’autres termes, l’exploration de réservoirs compacts de gaz ou de pétrole impliquant l’utilisation de la fracturation seraient autorisés. Le gaz compact est généralement extrait des couches de grès ou de calcaire. Le lobbying actuel de l’industrie pétrolière et gazière a été tellement efficace que le gouvernement allemand a même requalifié ces couches de grès et de calcaire en «couches conventionnelles» afin de créer le terme artificiel de «fracturation conventionnelle» qui permet à ces projets de fracturation de contourner l’interdiction applicable par ailleurs.
En outre, une demande d’information officielle adressée au gouvernement allemand a révélé que l’Allemagne accordait un financement public de 4,75 millions d’euros aux projets de recherche sur la fracturation susmentionnés.
Avec cette politique, le gouvernement allemand sape son propre objectif d’être un leader de la protection du climat.
De nouveaux forages et fracturations dans les zones de protection de l’eau ?
Malgré les inquiétudes suscitées par cette dangereuse pratiques, une zone de protection des eaux en Basse-Saxe pourrait faire l’objet de forages pour les hydrocarbures. La société allemande DEA veut extraire du gaz dans cette zone hautement sensible, allant ainsi à l’encontre du principe juridique de «précaution» et menaçant la qualité de l’eau ainsi que l’environnement et les paysages de la région. En relation avec un autre site, ExxonMobil fait pression pour un projet de fracturation dans une zone prioritaire de protection de l’eau potable. Le débat presque interminable autour de ces projets clairement illégaux de la part des pétrogaziers illustre seulement leur pouvoir de lobbying ainsi que l’inactivité choquante des autorités administratives responsables et des décideurs politiques. Le forage conventionnel constituerait une menace considérable, mais la fracturation représente un risque encore plus élevé et inacceptable pour ces zones sensibles.
Food & Water Europe – avec des initiatives citoyennes allemandes et des ONG environnementales – a appelé les responsables à mettre un terme aux projets de recherche sur la fracturation et à rejeter les demandes de forage dans les zones de protection des eaux.
Soutien et financement public aux projets de corridor gazier sud-européen et de terminaux méthaniers allemands
Cofinancement du corridor gazier sud-européen. En mars 2018, il est devenu notoire que le ministère allemand des Finances accordera un prêt de 1,2 milliard d’euros à l’Azerbaïdjan pour financer sa part du corridor gazier sud-européen, le plus ambitieux contre-projet européen de Nord Stream 2, le gazoduc qui inondera l’Allemagne et l’Europe centrale avec 55 milliards de mètres cubes (bcm) de gaz russe inutile, en supplément des volumes déjà livrés actuellement.
Divulgation d’une aide financière au projet de terminal de liquéfaction de Goldboro en Nouvelle Écosse, Canada, où doivent arriver des gazoducs transportant en partie du gaz issu de fracturations. [Le "Regroupement vigilance hydrocarbures Québec" s'est adressé aux autorités allemandes].
Ci-dessus l’avancement de la plateforme de Bear Head à Tupper Point.
Traduction d’une partie de la réponse du ministère fédéral de l’économie et de l’énergie, à la députée verte du Bundestag Julia Verlingen, en lien ci-dessus.
Le gouvernement fédéral peut utiliser l’instrument de garanties pour les crédits financiers non consolidés (Garanties UFK) à des prêts relatifs à des projets d’importation de produits de base contre des mesures économiques et politiques.
Concernant la couverture du risque, entre autres choses, cette couverture s’effectue contre le paiement d’une prime basée sur le risque et n’inclut aucunes subventions en espèces ou en contreparties.
Pour pouvoir prétendre à une garantie UFK, le projet financé doit être considéré comme éligible aux matières premières. Les projets visant à accroître la sécurité d’approvisionnement de la République fédérale d’Allemagne en matières premières, pour lesquelles l’Allemagne a un intérêt économique général, sont considérés comme éligibles.
Dans le cadre d’un contrat d’approvisionnement en gaz à long terme avec un fournisseur d’énergie allemand, les livraisons de gaz du projet Goldboro pourraient contribuer à la diversification de l’approvisionnement en gaz allemand (et européen).
En outre, l’hypothèse d’une garantie UFK doit être acceptable en termes de risque. Compte tenu de la solvabilité de l’emprunteur, de l’économie globale du projet de financement et des risques politiques associés à la transaction, la perspective légitime de remboursement, non préjudiciable du crédit garanti, doit être acquise.
Le gouvernement fédéral a émis une lettre d’intérêt juridiquement non contraignante sur la base de l’éligibilité de l’extraction de la matière première identifiée. La lettre d’intérêt indique que le gouvernement souhaite examiner une éventuelle demande de couverture conformément à la réglementation pour une hypothèse de garantie.
Dans le cadre du projet, aucune garantie de crédit portuaire, aucune garantie d’investissement direct ou garantie UFK n’ont été prises.
Selon le rapport de projet et le document d’analyse financière Valeurs mobilières de la Banque Laurentienne (Québec), la société albertaine Pieridae Energy Limited est en passe de devenir le premier exportateur majeur de GNL au Canada.
Ci-dessus la page 7 d’une présentation de Pieridae qui projette de construire le terminal de Goldboro afin d’exporter du gaz (de schiste) canadien (issu d’Alberta, de Colombie-Britannique, du Québec, du Nouveau-Brunswick et de l’île de Sable) ainsi que de la Pennsylvanie (le gisement de Marcellus). La société a conclu un accord de vente de GNL d’une durée de 20 ans, sur la base d’une commande ferme de 4,8 millions de tonnes métriques par an (6,7 milliards de m3) avec l’allemand Uniper. Le croustillant du rapport mentionne que Pieridae a obtenu 3,8 milliards de dollars canadiens (3,1 mds USD) au titre du programme de garanties pour les crédits financiers non consolidés (UFK) du gouvernement allemand [voir ci-dessus]. [La Société Générale via une filiale canadienne est partie prenante du projet].
Confronté au fait qu’un moratoire sur la fracturation et le gaz de schiste est en place en Allemagne mais que ce pays a l’intention d’investir dans l’importation de gaz nord-américain en partie issu de fracturation, le gouvernement allemand a répondu que le gaz fracturé pourrait contribuer à diversifier l’approvisionnement en gaz de l’Allemagne ainsi que de l’Europe et que l’Allemagne n’a émis qu’une «lettre d’intérêt» pour soutenir financièrement le projet lequel n’a pas encore obtenu le prêt adéquat [voir ci-dessus].
Nouveaux terminaux méthaniers pour l’Allemagne
En plus de cette incroyable absurdité, l’Allemagne envisage également de développer au moins deux nouveaux terminaux méthaniers de gazéification, les premiers du genre en Allemagne.
Un possible emplacement est à Wilhelsmhaven, en Basse-Saxe. Selon une étude de 2012 et des projets antérieurs, le terminal pourrait avoir une capacité de 10 à 16 milliards de mètres cubes par an et une capacité de stockage de gaz de 160 000 mètres cubes.
Le projet bénéficie du soutien politique du gouvernement de Basse-Saxe (actuellement une coalition ; conservateur CDU et social démocrate SPD). Ce Land -également connu sous le nom de Texas allemand- veut même créer une unité de coordination pour le projet et prévoit de fournir un budget public de 1,2 million d’euros pour les deux prochaines années.
Le projet le plus prometteur et le plus avancé est Brunsbüttel, dans le Land de Schleswig-Holstein. La «grande solution» proposée pour la réalisation du terminal vise une capacité de stockage de 100 000 à 500 000 mètres cubes. Selon la société Brunsbüttel Ports GmbH, le gaz pourrait provenir des États-Unis ainsi que du Qatar et pourrait être utilisé sur place, par exemple par Yara, l’un des «Exxons de l’agriculture», pour fabriquer des engrais.
Le Land de Schleswig-Holstein (actuellement une coalition ; conservateur CDU, libéral FDP et parti vert !) a néanmoins clairement exprimé son soutien au projet dans son accord de coalition. En plus de cela, le Schleswig-Holstein a déjà annoncé des subventions publiques d’au moins 250 000 € pour le projet de 450 millions d’euros.
En juillet 2017, la Commission européenne a approuvé l’accord de partenariat de Gasunie, Oiltanking et Vopak pour développer un terminal méthanier en Allemagne du Nord. Cette décision a été saluée comme une étape importante par les trois sociétés. Le taux d’utilisation du terminal méthanier de Gasunie en activité à Rotterdam est à un ridicule 4%. Il n’est donc pas étonnant que cette société accueille favorablement des financements publics ailleurs.
Gasunie raconte aussi des balivernes au sujet de son «Plan en cours pour remplacer le gaz russe par un terminal méthanier allemand» mais concomitamment la société n’a aucune difficulté a positionner son terminal Dutch Gate en tant que hub de transbordement de GNL pour les importations russes provenant de Yamal…
Et ce n’est pas la fin de l’absurdité de «qui sera le prochain terminal GNL en Allemagne». Attiré par le débat autour de Wilhelsmhaven et de Brunsbüttel en tant que sites possibles, un troisième site à Stade, en Basse-Saxe, se positionne maintenant aussi comme un des candidats possibles.
La dépendance au gaz de l’Allemagne est dangereuse pour l’Union européenne et le climat.
Tous ces projets illustrent clairement la démarche confuse et corrosive adoptée par l’Allemagne en matière de gaz, de sécurité énergétique et de diversification. Promouvant avec force le projet de gazoduc Nord Stream 2, les autorités allemandes défendent des plans visant à accroître la fracturation et le GNL en faisant valoir que la dépendance croissante du pays vis-à-vis du gaz russe est problématique et qu’elles devraient trouver de nouvelles sources d’approvisionnement.
Cependant, le pays est déjà très bien approvisionné et a de nombreuses possibilités de diversifier ses approvisionnements. Il devrait adopter une feuille de route claire et honnête vers l’élimination complète des combustibles fossiles.
Œuvrer pour plus de fracturation et investir davantage dans le secteur du GNL est une véritable folie, non seulement d’un point de vue climatique, mais aussi d’une perspective économique si l’on prend en compte l’actuel taux d’utilisation médiocre et donc la viabilité économique discutable des terminaux méthaniers européens existants. Entre janvier 2012 et mars 2018, le taux d’utilisation quotidien moyen de tous les terminaux méthaniers existants en UE était d’environ 22-23%.
On peut se demander si cette promotion vers toujours plus de gaz et d’infrastructures gazières est liée à des politiques publiques énergétiques honnêtes et à une géostratégie réfléchie ou sont le seul résultat d’un lobbying agressif. Une chose est sûre : si les Allemands et les Européens ne contraignent pas l’Allemagne à mettre sérieusement en cause sa dépendance au gaz, l’Union européenne dans son ensemble ne pourra pas atteindre les objectifs climatiques requis de toute urgence conformément à l’Accord de Paris. Mais si l’Europe ne parvient pas à cela, le chaos climatique sera une conséquence inévitable. Et cela conduira certainement à une augmentation dramatique de la migration de masse et donc à plus de conflits sociaux et armés.
* Google traduction.
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